Plus fortes ensemble
FIBA

Un an après son improbable titre européen dans la catégorie, les U20 féminines repartent d’une page blanche ou presque avec un nouveau staff et un ensemble où le collectif primera sur les individualités.

Pour sa grande première à la tête d’une Équipe de France jeune, Élise Prodhomme avait réalisé un coup de maître en menant les U20 à une médaille d’or totalement inattendue. Son groupe avait été emmené par la MVP de la compétition, Carla Leite. Un an plus tard la coach a basculé sur le secteur masculin et Leite, comme les deux autres meilleurs éléments de la génération 2004/2005 (Leila Lacan, Dominique Malonga) figurent sur la liste olympique dévoilée par Jean-Aimé Toupane. Des absences habituelles dans une catégorie où les joueuses les plus en vue sont traditionnellement indisponibles. "Ça sera la force du collectif", résume Julie Barennes à l’heure d’évoquer les possibilités de son groupe. L’entraîneur de Basket Landes est la grande nouveauté de l’été et prend pour la première fois en main une équipe nationale. "Il y a une volonté de mettre des coaches professionnelles au contact des jeunes et celle de féminiser les staffs, je coche toutes les cases." Elle a connu d’immenses succès avec les Bleuettes en tant que joueuse (championne d’Europe U16 et U20, cinq médailles internationales au total) et tentera d’impulser sa grinta à une équipe qui pourra se reposer sur des éléments habitués des compétitions internationales.

Une seule championne d’Europe 2023 figurait sur la pré-sélection publiée fin mai. Après des débuts professionnels discrets, Rosanne Le Seyec a franchi un cap en s’établissant comme un élément incontournable (6,5 pts, 4,6 rbds) de Chartres, promu en LFB. A ses côtés, on retrouve huit joueuses demi-finalistes de la Coupe du Monde U19 et quatre finalistes de l’Euro U18. De quoi envisager être compétitif au niveau européen. "La France est forcément attendue donc à nous de trouver un basket où les joueuses pourront exprimer leurs qualités", juge Julie Barennes, qui découvre l’environnement. "Ce n’est pas une catégorie simple. Mais c’est le basket qui me correspond le plus. Quand on joue l’Euroligue c’est compliqué de créer ce qu’on a l’intention de développer l’été. C’était important d’avoir des repères par rapport au jeu et pour moi cela passait par cette catégorie avec des joueuses qui pratiquent un basket d’adulte. Il y aura un peu de découverte. Quand on sait qu’on a des joueuses majeures définies on construit autour d’elles. Ce n’est pas le cas mais je prends cela comme une opportunité. Chacun pourra donc donner ce qu’il peut et la complémentarité permettra de nous sublimer."

Sur le papier, la France ne dispose pas d’une joueuse dominante sur la scène continentale. Comme l’an passé, le staff est allé puiser jusqu’en NF1 pour constituer sa pré-sélection, mais Julie Barennes n’y voit pas le signe d’un ensemble limité en talent." L’an passé on ne s’attendait pas à ce que Leite soit aussi dominante", souligne-t-elle. "Je ne veux pas m’arrêter à la LFB. Le parcours pour les jeunes joueuses françaises peut être très différent." Dans l’élite, elles sont en effet peu nombreuses à véritablement s’exprimer. Néanmoins, la doublette intérieure Jess-Mine Zodia (7,0 pts, 4,8 rbds à Tarbes) – Adja Kane (4,3 pts, 3,8 rbds à Landernau) constitue un socle intéressant dans la raquette. Sur le poste 1, Laura Evrard a bénéficié d’une vingtaine de minutes de temps de jeu à Landernau mais c’est plutôt en LF2 que se trouvent les joueuses avec le plus d’impact. Alors qu’elles formaient un duo détonant au Pôle France, Fatoumata Toure et Manoe Cissé sont désormais des meneuses référencées dans la division tandis que Ramouna Vitta a été un point d’ancrage sous le cercle pour Aulnoye, la meilleure équipe de la saison régulière.

De quoi répondre aux orientations fédérales de défendre fort et se projeter vite, un objectif partagé par Julie Barennes qui souhaitera "aller à l’essentiel" lors d’un premier stage capital à Vichy, qui lui permettra de façonner définitivement son groupe et mettre en place ses principes de jeu. Au-delà du basket, la clé de la réussite pourrait également résider dans l’enthousiasme et l’élan collectif qu’avait affiché les U20 en 2023. "Cela dépend des gens qu’on a dans le groupe", souligne Julie Barennes. "Et c’est indispensable. Peut-être encore plus chez les moins de 20 avec des profils qui jouent peu, qui veulent prouver, se dépasser. Cela peut leur permettre de trouver l’envie et le plaisir d’être là."

 

La sélection

Joueuse                        Taille      Poste     AdN          Club

Manoe Cisse                1,62       1            2004         Champagne Basket Féminin (LF2)

Lisa Cluzeau                 1,75       1-2         2004         USB Damigny Alençon 61 (NF1)

Daniela Dibanzilua      1,72       2            2004         ASA Sceaux (NF1)

Marine Dursus             1,76       2            2005         UF Angers Basket 49

Adja Kane                    1,91       5-4         2004         Landerneau Bretagne Basket

Rosanne Le Seyec        1,98       5            2004         C’Chartres BF (LF2)

Merveille Lokoka         1,87       4            2004         Lattes-Montpellier

Ysaline Saulnier           1,81       2-3         2005         BC Montbrison (LF2)

Fatoumata Touré         1,72       2            2004         Cavigal Nice Basket 06 (LF2)

Ramouna Vitta             1,90       4-5         2005         AS Aulnoye Basket (LF2)

Elena Zemoura            1,84       3            2004         Lattes-Montpellier

Jess Mine Zodia           1,90       5            2004         Tarbes Gespes Bigorre

Entraineur : Julie Barennes

Adjoints : Vincent Joly, Marie-Julie Levant

 

Programme de la phase de poules de l’Euro U20F (Klaipeda, Vilnius – Lituanie)

Samedi 6 juillet           France-Slovénie (12H)

Dimanche 7 juillet       France-Lituanie (17H)

Mardi 9 juillet              France-Lettonie (19H30)