Julien Bacot/

Kendra Chery est la seule joueuse de l’effectif landais, vainqueur des éditions 2022 et 2023 de la Coupe de France féminine, et qui peut soulever un troisième trophée de suite. Malgré un effectif largement remanié, Basket Landes est de retour à l’Accor Arena.

La Coupe de France est une compétition particulière avec un nombre réduit de match, qui offre rapidement un trophée, en plein milieu du championnat LFB. Comment appréhendez-vous cette compétition et cette finale ?

On a pris de bonnes habitudes collectives, on essaie de prendre match après match, et de progresser ainsi. C’est avec cette philosophie qu’on peut se permettre d’aborder plus facilement ces grands rendez-vous, en ayant la bonne approche et la bonne attitude. On a rapidement su qu’on avait sécurisé la 3e place du championnat, mais on savait aussi que les matches suivants étaient importants à gagner pour préparer les playoffs et la finale de la Coupe de France.

Vous qui avez déjà connu les succès en Coupe de France en 2022 et 2023, quelle a été l’approche du club au moment de disputer le premier tour de cette compétition en 2024 ?

C’est assez spécial. Quand tout Basket Landes vient à Paris, il y a une énergie spéciale, difficile à décrire. On a un train spécialement affrété qui vient nous soutenir à l’Accor Arena. Quand les nouvelles joueuses sont arrivées l’été dernier, elles nous ont directement parlé de la finale de la Coupe de France à Paris, du public qui remplit tout un virage de la salle, de la communion avec les supporters… Quand on a connu ça une fois, ça reste dans notre cœur à chacune. Être en finale, ça reste toujours un rêve, quelque chose de spécial pour Basket Landes. C’est un peu dans notre culture.

Est-ce un objectif prioritaire clairement affiché par le club en début de saison ?

Pas en tant que tel. On l’aborde au départ vraiment comme une envie d’y aller ou d’y retourner. On ne pensait pas vivre une aussi belle saison, et que la mayonnaise dans l’équipe allait prendre aussi rapidement. Il n’y avait pas d’objectif spécial, le but du club était de repartir sur de nouvelles bases et un nouveau cycle. Mais au bout d’un mois dans la saison, j’avais l’impression que ça faisait six mois qu’on évoluait ensemble.

Le public de Basket Landes est une de vos forces, que ce soit à l’Espace François Mitterrand ou à l’Accor Arena. Vous qui le connaissez parfaitement, est-il différent entre Mont de Marsan et Paris ?

La seule différence c’est qu’on les entend plus fort à Mont de Marsan, car la salle est plus petite. Mais sinon ce sont les mêmes ! La première fois en 2022 à l’Accor Arena, le club nous avait dit qu’on avait un virage de supporters qui allait être présent. Je pensais à une petite tribune, et c’est quand je suis entrée dans la salle que j’ai pris conscience des milliers de personnes qui étaient tous vêtus de blanc et bleu pour nous soutenir. Ils sont juste derrière le panier, du côté de notre banc, donc on les entend vraiment énormément dans l’Accor Arena. C’est spécial parce que même à Paris, avec tout le peuple landais dans les tribunes, on a quand même l’impression de jouer à domicile. C’est une force, et ça nous porte. Ils ne sont pas sur le terrain, mais ils font tout autant partie de l’équipe.

En tant que joueuse, qu’est-ce qu’une victoire en Coupe de France signifie dans votre carrière ?

Avant d’arriver à Basket Landes, ça aurait été une victoire et un trophée comme un autre. Mais le fait d’avoir gagné ce titre avec ce club, c’est quelque chose de spécial et de fort. Parce que c’est un rêve qui m’a été transmis par Basket Landes. En tant que compétitrice, on veut toujours gagner. Mais à Basket Landes c’était plus fort que ça, c’était vraiment un rêve ! En 2021-2022, juste après avoir été champions de France LFB, je me rappelle qu’au début de la saison, on nous avait dit : "On veut aller à Paris." Mais sans aucune pression, juste un rêve qu’on nous a donné. Quand on a pris le train pour la première finale de Coupe de France en 2022, certaines personnes m’ont dit qu’ils venaient à Paris pour la première fois de leur vie. J’ai trouvé ça dingue. En gagnant ces deux finales de Coupe de France en 2022 et 2023, j’avais aussi l’impression de réaliser le rêve de nombreuses personnes du club : des joueuses présentes depuis longtemps, des dirigeants et bénévoles investis depuis de nombreuses années, des supporters…