Pour sa découverte de l'élite, l'intérieure de Charnay Joanne Lauvergne (1,91m - 25 ans) vit une première saison compliquée. Le club bourguignon est lanterne rouge et a du faire face à de nombreux changements dans l'effectif. Interview.

A l'issue des matchs aller, Charnay est dernier du classement. Quel bilan tirez-vous de la première moitié de saison ?
On a eu un début de saison très compliqué, on a eu beaucoup de départs et d'arrivées. On a dû intégrer des joueuses tout au long de l'année et on n'a jamais été au complet. C'est compliqué de trouver un équilibre et de réussir à construire quelque chose. Je pense que là il y a enfin un groupe qui va être stable, sain. A voir maintenant.
 
Comment vivez-vous cette instabilité dans l'effectif ?
Franchement je ne cache pas que c'était très compliqué pour l'ensemble des joueuses. Au final, le noyau qui reste c'est les Françaises. On manque d'expérience et ça a été difficile de ne pas baisser la tête.
 
Sur quoi devrez-vous progresser lors des matchs retour ?
Trouver une identité, construire un groupe. On s'entend bien mais sur le dernier match à Tarbes, on voit qu'on manque d'entraînement en commun, on ne se connaît pas encore assez bien. Ca ne faisait que deux semaines que l'on s'entraînait ensemble. Il faut tout reconstruire. Kim (Gaucher-Smith) va nous apporter de l'expérience, il faut s'appuyer sur des joueuses comme ça pour trouver l'équilibre. Il faut aussi penser que l'on peut gagner. On réfléchit trop, on pense que l'on est pas capable de gagner.
 
L'équipe a peu d'expérience en LFB. Comment en faire une force ?
On en veut plus sur le terrain car on sait que ça va être plus dur pour nous. Le coach a construit une équipe pour que l'on soit des battantes. Il faut que ce soit ça notre force, de la première à la dernière minute on ne lâche rien, être des mortes de faim.
 
Cette saison est votre première expérience en LFB. Comment jugez-vous vos performances ?
Je les juge très moyennes. Je n'ai pas réussi à faire ce que j'aimerais faire. Avec les problèmes dans l'équipe je n'ai pas réellement trouvé ma place. J'espère que je ferai mieux en deuxième partie de saison, je compte faire mieux.
 
Votre parcours est atypique avec de la NF1 et de la LF2. Commment l'expliquez-vous et arrivez-vous à vous adapter de nouveau à un niveau supérieur ?
Déjà il faut savoir que j'avais arrêté le basket après le centre de formation (Bourges entre 2011 et 2014). J'ai grimpé les échelons petit à petit. J'avais dans un coin de ma tête d'aller en Ligue Féminine mais je ne savais pas si j'en serais capable et combien de temps ça allait prendre. J'ai travaillé et je suis contente d'être arrivée là. Bien sûr que le niveau est différent, je compte travailler encore pour m'imposer dans la division.
 
Votre frère Joffrey (joueur de Kaunas aux 84 sélections en Équipe de France) était présent à Charnay fin novembre pour le match contre Lyon. Est-il du genre à vous donner quelques conseils ?
Il me laisse faire ma carrière mais quand j'ai vraiment besoin d'un conseil je l'appelle. Il est présent mais me laisse gérer. On est très proches.
 
Après avoir manqué le rassemblement avec l'Équipe de France 3x3 en novembre (nez cassé), vous êtes dans la liste pour celui de février. Était-ce une surprise d'être appelée ?
Oui vraiment c'était une surprise et je suis contente d'avoir été appelée. Je pense que le 3x3 peut réellement faire progresser dans le 5x5. Je n'ai pas pu participer en novembre mais j'ai pu regarder, de l'extérieur c'est vraiment impressionnant. Je pense que ce sera très bénéfique dans mon jeu.
 
Que peut vous apporter cette discipline ?
La prise d'initiative, la responsabilité. En 3x3 les attaques sont beaucoup moins longues donc si tu refuses un tir, tu n'es pas sûre d'en avoir un derrière. Il faut jouer ses un contre un, être dure.